Avril 2009

Le mois d'avril en vrac

  Sur un joli blog d’écriture j’ai entendu une habituée dire qu’elle cherchait le chemin de l’inspiration ; j’ai aimé la formule et j’ai pensé qu’elle me convenait. Mais à bien y réfléchir je m’aperçois que ce n’est pas l’inspiration qui me manque, des idées de sujets j’en ai plein la tête, des mots qui se bousculent font le va et vient entre mon esprit et mon cœur… non ce n’est pas un manque d’inspiration qui laisse mon ordi plus ou moins orphelin, c’est une forme de paresse aiguë. Une paresse léthargique qui m’envahit et me paralyse et qui m’enlève le goût de créer, de m’activer… Cependant voici, pour les inspirations défaillantes, le commentaire que j’ai laissé sur ce blog que je vous engage à aller visiter :
   "L'inspiration est un petit animal farouche et fragile; une petite boule de plumes et de poils qui a, quelquefois, les couleurs de l'arc-en-ciel et d'autres fois celles d'un ciel d'orage... il ne faut, surtout pas, essayer de l'attraper, de le piéger, il ne se laisserait pas faire, il aime trop sa liberté. Il faut le laisser aller et venir selon ses désirs et son bon vouloir; ne pas bouger et le laisser venir à vous, il viendra de lui-même se laisser caresser. Vous pourrez ainsi l'amadouer et le garder auprès de vous pour un petit moment, puis tout est à refaire"

Toi l’étrangère* tu es toujours là.
Et je me suis habituée
Chaque matin à te rencontrer,
Chaque instant à te supporter,
Chaque moment à t’observer.
Tu m’épates souvent tant tu es rusée,
Tu caches des montagnes de capacités,
Ton énergie si peu renouvelable
Toujours en éveil pour un brun d’activité.
Tu as perdu en patience, tu as gagné en résignation.
Tu possèdes, paraît-il, la beauté du cœur,
Celle du corps est depuis longtemps fanée.
Tes mains tremblent et ta voix s’affaiblit,
Tes yeux sont plus souvent humides que rieurs
Et pourtant tu veux vivre et dire encore « bonheur »

* Lire "L'étrangère" ici et ici

Campé au fin fond d'une brousse
Enfouis dans la nuit des temps,
Quelquefois florissant de moult épanouissements
Mais souvent en friche rocailleuses et épineuses,
Quelquefois bariolé de couleurs vives,
Souvent teinté de grisâtre et de brouillard,
Mon jardin secret n’a point de portail,
Même pas un petit portillon caché.
Il est fermé, clôturé, impénétrable…
A toi, seulement, j’ai voulu en donner l’accès.
J’y ai entamé une petite faille à peine lézardée,
Souviens toi, c’est par là que tu y es entré.

 

   Comment se fait-il que certains matin sont plus faciles que d’autres ? Comment se fait-il que quelquefois le réveil est plus optimiste que d’autres ? Qu’il a un goût de vivre alors que d’autres sont tout à fait éteints ; qu’il se dessine en couleurs pastel plutôt qu’en noir ; qu’il aborde des projets petits ou grands, qu’il s’éveille lui-même ce réveil… peut-être est-ce cela la vieillesse. Se mouvoir entre le « plus ou moins », entre l’acceptation ou l’amertume, le renoncement ou l’obstination.

 



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