06/11/2005
Sur ma table un bouquet de roses
Elles sont jaunes, à peine écloses.
Pas drôle pour une rose d’être jaune !
Comment fait une timide pour rougir ?
Et si elle a peur comment verdir ?
Et l’émotionnée peut-elle blêmir ?
Elles n’ont eu que l’instant d’un soupir,
Les voilà ouvertes mes belles roses jaunes ;
Leurs pétales doucement les délaissent…
Et qu’importe leurs couleurs puisque
Rien ne dure que le temps d’une rose.


08/11/05

De gros nuages blancs se bagarrent des petits bouts de ciel bleus ; à croire qu’il n’y a pas assez de place pour tout le monde. Le soleil s’est mis de la partie, il se cache et tarde à revenir. Le temps se ternit, la lumière baisse et devient tamisée. Ce matin il faisait beau, à la mi journée il fait tristounet… j’ai la tête à l’envers, mes pensées s’égrènent d’aiguille en fil ; rien de bon ne sera « cousu » aujourd’hui ; mais il y a toujours l’espoir de se laisser aller à rêver.


11/11/2005
Il pleut.
Un brun de souvenir s’infiltre… Un sous-bois au petit matin plein de fraîcheur et de couleurs.
Des parfums de mousse humide de rosée, des couleurs de toutes les nuances, une lumière faite de taches sombres et claires. De rares rayons de soleils s’aventurent timidement, strient le sol jonché de feuilles mortes. Le silence aussi léger qu’une plume, percé par le chant aigu des oiseaux, des coups de becs sur les troncs d’arbres. La solitude même n’a plus le même poids
Entourée soutenue par la nature… A cet instant tout était encore possible puisque là bas quelqu’un m’attendait.
Le trop plein de mon vieux cœur se noie dans un rideau de pluie. J’ai la tête à l’envers, mes pensées s’égrènent d’aiguille en fil ; rien de bon ne sera « cousu » aujourd’hui ; mais il y a toujours l’espoir de se laisser aller à rêver.


13/11/2005
Mes belles roses jaunes ont rendu l’âme
Définitivement elles ont perdu leurs pétales
Inexorablement leurs feuilles se sont desséchées
Je les ai pourtant bien soignée ces éphémères
Si belles il y a seulement quelques jours
Qui eut pensé qu’elles finiraient à la poubelle ?

Je n’en tirerais pas de conclusion sur le genre humain mais si vous y pensez… c’est à vos risques et périls !

 


15/11/2005
Recevoir des nouvelles fraîches de ses amis, c’est délicieux ! Plus le message est long, farci de détails et truffé de mots gentils d’amitié, et plus il est savoureux. Comme un plat bien copieux de spaghettis, saupoudré de parmesan, dont la sauce dégouline un peu partout lorsque vous avez faim et que vous le dégustez. Inutile de vous le cacher : j’adore les spaghettis !


18/11/2005

J’ai, au fond de moi, un grand coquillage. Il est de couleur nacrée qui va du blanc à l’ivoire en passant par des tons d’un beige de sable mouillé et d’un jaune d’or pur. J’y ai recueilli tant de mots, tant de pleurs, tant de rires, tant d’histoires qui m’ont été contées, qu’il s’est enrichi mon coquillage nacré et lisse, lavé mille fois par des vagues virulentes. Je prête l’oreille, j’entends le cœur de la mer qui chante ses fêtes et ses tempêtes, dans son va et vient du bien et du mal, de ses joies et de ses tourmentes. Je suis à l’écoute de toutes ces sensations, de tous ces ressentis, qui frémissent en moi et qui m’offrent ces secrets si vulnérables de la vie.

A l’heure où l’on devient trop sage
Et qu’insensiblement on tourne la page
Les pensées se perdent dans le crépuscule
Les joies s’éloignent sans aucun scrupule
Et cet amour qui nous était si précieux
N’est plus que souvenirs tous délicieux
Et l’équilibre est encore si fragile
Qu’au moindre rappel il vacille.




 

 

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