18/11/2005
J’ai, au fond de moi, un grand coquillage. Il
est de couleur nacrée qui va du blanc à l’ivoire
en passant par des tons d’un beige de sable mouillé et
d’un jaune d’or pur. J’y ai recueilli tant de mots,
tant de pleurs, tant de rires, tant d’histoires qui m’ont
été contées, qu’il s’est enrichi
mon coquillage nacré et lisse, lavé mille fois par des
vagues virulentes. Je prête l’oreille, j’entends
le cœur de la mer qui chante ses fêtes et ses tempêtes,
dans son va et vient du bien et du mal, de ses joies et de ses tourmentes.
Je suis à l’écoute de toutes ces sensations, de
tous ces ressentis, qui frémissent en moi et qui m’offrent
ces secrets si vulnérables de la vie.
A l’heure où l’on devient trop sage
Et qu’insensiblement on tourne la page
Les pensées se perdent dans le crépuscule
Les joies s’éloignent sans aucun scrupule
Et cet amour qui nous était si précieux
N’est plus que souvenirs tous délicieux
Et l’équilibre est encore si fragile
Qu’au moindre rappel il vacille.