"La mélancolie c'est le bonheur d'être triste"
 Victor Hugo

 

 

Novembre 2011

Des mois ont passé depuis mes derniers écrits, ce sont les tourments de la vie qui m'ont éloignée de mon cahier de brouillons et de mes Alizades. Je remercie tous mes fidèles lecteurs qui ont continué à feuilleter mon cahier et je remercie également et particulièrement tous ceux qui ont déposé un petit mail amical dans ma boite à lettres virtuelle. Je ne vous donnerai pas les détails de tous les imprévus de ma vie, qui sont pour la plupart des plus affligeants. Je vous dirai seulement que la mise à jour de mon site ravive mon optimisme et que celui-ci est essentiel à la vie quotidienne.


Paris me fait du bien, toujours. J'en reviens, j'ai l'impression que Paris m'aime, la ville et ses lumières, son ciel et ses monuments, mon quartier, celui où je suis née, ma rue, mon école… y revenir me donne une énergie nouvelle. Il ne s'agit pas de nostalgie mais plutôt d'une retrouvaille, d'une rencontre sur un terrain familier, d'un petit chatouillement de plaisir au cœur. Les pavés de ma cité, celle des trois bornes qui donne dans la rue du même nom, n'ont pas changé, ce sont les mêmes que ceux de mon enfance et lorsque je les parcoure j'ai envie de sauter à cloche pied comme lorsque je revenais de l'école. Et pourtant je ne suis pas allée longtemps à l'école de l'avenue Parmentier puisque la guerre est arrivée. En 1939 j'avais six ans et à partir de ce moment tout a dérivé mais cette école, pourtant j'en ai connu bien d'autres après, est restée "mon" école, ma première école. J'étais d'ailleurs persuadée que cette belle avenue où se trouvait mon école se nommait ainsi en l'honneur du  hachis Parmentier que j'aimais beaucoup et que ma mère servait régulièrement une fois par semaine.  Il ya quelques années mes petits enfants, fièrement, se sont faits photographier devant le grand portail de l'école des filles; on ne sait pas exactement de quoi on est fier, peut-être tout simplement d'avoir des racines. Pourtant je n'ai pas que des bons souvenirs, ni de l'époque ni de l'endroit, mais ce sont les souvenirs chaleureux de ma petite enfance qui persistent et qui, sans doute, m'ont nourri toute ma vie. Mes parents, qui luttaient pour faire vivre leur famille, pour devenir et être de bons citoyens français, mes grandes sœurs qui m'en ont fait bavé dans le sens fraternel du mot et qui m'ont par la suite soutenue et aimée… et la maison, la famille, où il y avait une vie intense faite de rires et de pleurs. Cette atmosphère sécurisante, ce cocon fermé, cette insouciance de l'enfance, que je n'ai plus jamais retrouvé mais qui ont laissé leurs traces dans mon parcours de vie. La cité des trois bornes c'est un passé lointain, un parfum de mémoire qui a gardé dans son essence ses effluves mélangées de joie et de tristesse. Paris, ma coupe de mélancolie…  

Le mois d'octobre s'en est allé, mes mots d'octobre n'on pas changé (à lire ici et ici ) inutile donc de les réitérer. Ces mots sont en moi, les années ont passé sans les effacer mais en me permettant de vivre avec un peu de sérénité. Les affres de la vie n'épargne personne, la vieillesse (peut-il y avoir une vieillesse heureuse? À lire ici) la maladie des êtres chers, la disparition de nos amis (à lire ici), la guerre toujours à notre porte, la révolte des peuples, le malaise social à peu près identique dans tous les pays (et pourtant rien ne change vraiment). Alors comment faire pour vivre et vieillir, je ne dirais pas heureux car il faut être réaliste, mais à peu près heureux en se contentant de ce que l'on a. Voici ma recette:
-1- Ne prendre à cœur que ce qui est vraiment essentiel.
-2- Vivre le moment présent en prenant tout ce qu'il nous apporte.
-3- Aimer et le dire, se laisser aimer et être capable de l'entendre ou de le deviner.
-4- Se garder de juger ou/et de critiquer les autres.
-5- S'occuper d'autre chose qu'uniquement de soi-même.
-6- Avoir une activité physique et une autre intellectuelle. Sortir, marcher, aller au théâtre, au concert, au musée, selon les goûts et les possibilités. Et bien sûr lire et lire encore… et goûter aux joies de l'ordinateur ( 24 heures par jour ne suffiront pas à ce programme, il faut donc trier et faire selon ses envies.)
-7- Ne pas se renfermer sur soi-même, les relations avec ses amis sont presque aussi importantes que celles avec sa famille.
-8- Avoir une bonne dose d'humour et le cultiver sans relâche; la dérision et le rire sont des remèdes efficaces à toutes formes de cafard.
-9- Être en contact avec ses propres émotions; les larmes elles aussi ont leur place dans nos vies, rire et pleurer selon nos émois.
-10- Essayer d'être en paix avec soi-même, abandonner, si possible, la culpabilité qui en général se développe comme les mauvaises herbes. Abandonner les rancœurs et l'amertume, ce sont des parasites.

Voilà ma liste qui n'est, évidemment, pas exhaustive; on peut rajouter des ingrédients personnels, à chacun sa recette. Je ne veux pas dire que je mets tout en pratique et certainement pas tout en même temps… mais j'essaie… j'essaie.
 

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