On ne retrouve que ce que l’on perd, on ne perd que ce que l’on possède. On ne possède que lorsque l’on donne, on ne reçoit que si l’on accepte la main tendue. Il faut avoir, pour cela, le courage de prendre des risques et surtout ne pas poser de conditions. C'est ainsi dans toutes les transactions qu'elles soient matérielles, spirituelles ou émotionnelles. A méditer.

 

 

 

septembre 2010

30/8/2010

A propos de l’écriture.
Il y a quelques jours, après maintes relectures, corrections, vérifications et autres tourments, j’ai mis le point final à ma dernière nouvelle. A ce moment là on a l’impression que le texte devient comme un chewing-gum trop mâché, il n’a plus ni goût ni couleur, on a seulement envie de s’en débarrasser, de le mettre dans un coin et de l’oublier. Seulement voilà, il ne se laisse pas oublié, il me suit partout, sous ma douche, en prenant mon café, durant ma promenade, pendant ma sieste, et jusqu’au soir il m’accompagne dans toutes mes activités. Les personnages qui m’ont habitée durant des jours et des nuits, vécu avec moi, respiré avec moi, envahi mon esprit… m’ont, tout à coup, quittée laissant derrière eux une sensation de vide, un temps libre dont je ne sais que faire. Je passe une journée entière flottant entre la vraie vie et l’imaginaire. Il est trop tôt pour commencer une nouvelle histoire, je ne suis pas assez libérée de ceux là pour en inventer des nouveaux. Ces personnages, je les connais bien, je les ai créés de mes propres mains, je peux les voir, les imaginer, je sais comment ils réagissent à toutes les situations. Ils sont un peu mes amis, je les aime bien et les accepte comme ils sont. Je les ai mis en scène comme s’ils étaient des acteurs vivants prêts à servir mon imagination. Ils ont, pour moi, des noms, des visages, des émotions, des colères et des pleurs, des rires et des clins d’œil. Me voilà abandonnée par mes personnages, je les laisse partir dans la nature, expérimenter le monde en dehors de chez moi, débouler loin de mon ordinateur. Ils emportent comme bagage tous les mots dont je les ai affublés et qui ne sont pas toujours à leur avantage. Ils sont un peu comme des enfants qui quittent le foyer parental pour vivre leur vie, et vont être confrontés à leur indépendance. Vont-ils être acceptés, aimés, critiqués ? Ils ne m’appartiennent plus vraiment puisque le lecteur, n’y en aurait-il qu’un, va les prendre en charge et les modeler à nouveau selon sa propre interprétation des mots. Mes personnages s’éloignent déjà et je sais pertinemment que dans quelques semaines ou quelques mois je me souviendrai à peine de leurs noms mais pour l’instant la séparation est dure. Cependant une nouvelle héroïne commence à poindre à l’horizon, je m’apprête à l’accueillir… il me semble que c'est une femme.

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