Puisque je vous parle aujourd'hui de l'écriture (voyez "Lettre ouverte à mes lecteurs" dans la rubrique "petits bouts d'idées") voici un texte écrit après la naissance de mes dix premières nouvelles.
Je n'ai jamais écrit de ma vie et voilà que je
me retrouve avec une famille nombreuse. Toutes des filles, ce qui
Je dois avouer que la gestation est assez pénible,
sa durée est variable et imprévisible. D'abord je me demande Mon imagination est malmenée, bousculée. Les
personnages vont se modeler petit à petit à partir d'un souvenir,
d'une sensation, d'un vécu. Autour d'eux vont se former le cadre et
l'époque, le tout dans un grand désordre. C'est sur cette trame que
va se tisser l'histoire. Cette nouvelle qui se crée en moi m'envahit
avec acharnement, les personnages sont avec moi jour et nuit, quelquefois
calmes, quelquefois turbulents. Il arrive même qu'ils ne me laissent
pas dormir, je me lève alors et me précipite sur une feuille de papier
pour inscrire des petits bouts d'idées Mais d'autres jours et ils sont nombreux, ils sont néfastes. C'est la léthargie complète, la sécheresse, rien ne vient. La nouvelle est là, amorphe et muette, je la trouve pauvre et j'ai pitié d'elle. Ordi devient nerveux, il est rebelle à toutes mes demandes. Son disque reste dur mais rien ne s'imprègne sur sa mémoire. Pauvre Ordi, ce n'est pourtant pas de sa faute si j'ai des doutes à propos de mes filles. D'ailleurs j'ai mis les choses au point dès le début de notre aventure, il n'a aucune responsabilité: mes filles et moi formons une famille monoparentale et entendons le rester. C'est qu'à part les heurts de tous les jours nous nous entendons très bien et au début de notre relation nous n'avons certes pas besoin d'une tierce personne. Lorsque la nouvelle est écrite, sereine elle s'étale
sur quelques pages, ses marges bien réglées, ses paragraphes ordonnés,
ses mots clairement imprimés et chastement couchés, elle est là dans
toute son innocence. Pendant quelques heures c'est le repos, c'est
la satisfaction, c'est le calme, je suis en paix avec moi même.Cet
état d'âme ne persiste jamais au-delà de vingt-quatre heures, dès
la première lecture je sens le besoin de remanier le texte, de le
corriger, de le remodeler. Je ne fais plus de changement sur le fond
mais seulement sur la forme, je fignole. Ma nouvelle je la veux intense
et concise, je voudrais que les émotions passent en peu de mots. Mais
je ne peux plus
©Aliza Claude Lahav
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