Pour Rire et pour pleurer...

Les vagues

J'irai sauter à pieds joints au dessus du ruisseau
Espérant y tomber afin de devenir la goutte d'eau,
Celle qui est si limpide que l'on ne sent que sa fraîcheur.
Tu viendrais juste à point, à ma source claire te désaltérer.
Tu me prendrais au creux de ta main palpitante
Et les yeux fermés pour mieux déguster tu dirais :
Que ma soif était grande, je ne l'avais pas deviné.
Et moi dans mon rôle de goutte à goutte
Je serais la plus heureuse des elfes de ce bois.

13/01/2005



C'était la fin de l'été
C'était la fin.
Nous étions là, face à la mer
Face au soleil couchant.
Les pieds nus dans le sable mouillé,
Les yeux perdus dans les flammes de l'horizon.
Il tenait nos chaussures à bout de bras,
Avec son vieux jean décoloré,
Son corps aussi mince et fragile
Qu'une tige de fleur qui se fane,
Il avait l'air si vieux et si jeune
Il avait l'air si jeune.

Son visage émacié,
Ses yeux d'un bleu délavé
Aussi calmes que la mer d'huile,
Ses yeux qui disaient le regret.
Ses mots qui résonnent encore en moi
Et qui avaient comme bruit de fond
Des cris d'enfants, des joies de vivre,
Et sa voix un peu éraillé et tremblante
Et son regard qui plonge loin devant lui
"Lorsque tu pleureras, c'est ici que tu viendras…
Je serai là, même jour même heure"
Le soleil se couchait
C'étai la fin de l'été
C'était la fin.

Puis l'automne et l'hiver sont venus
Et le printemps sans vergogne a refleuri.
La mer s'est agité puis à son tour s'est calmée,
Je crois car je ne suis pas revenue.
Je n'ai d'ailleurs pas connu d'autres plages
J'ai attendu que celle-ci m'attire à nouveau
Que l'été renaisse sans jamais se ternir
Que les saisons me dépassent sans que je les attende
Que ma tristesse s'écoule et adopte un ton mineur
Que mon rire solitaire s'éveille à son souvenir
Que son amour me nourrisse encore
Puisqu'il y a une fin qui n'a pas de fin
Puisque le soleil se couche et qu'il se lèvera demain.

13/01/2005

On peut le même jour rire et pleurer...

   
©Aliza Claude Lahav

 


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