Une amie très
chère vient de s’éteindre,
Nous nous étions connues à l’âge
de quinze ans,
Une existence entière à suivre ensemble
pas à pas.
Me voilà les bras vides, le cœur vide,
l’âme vide…
Ils me quittent les uns après les autres
La plupart partent sur la pointe des pieds
Sans faire de bruit, me laissant le soin de les pleurer
Les amis, les amours, les êtres chers,
Les proches et les lointains.
Le monde s’amenuise, se dépeuple, se
restreint,
Et je suis là, démunie et orpheline,
Sans pouvoir contrer le destin.
Et lorsque la tristesse m’envahit
Et que le petit matin, enfin, me délivre
Je ne peux que prendre mon passé dans mes bras
Et le bercer comme un enfant aimé
Qui jamais ne guérira de cette maladie qu’est
la vie.
Après
la pluie...
Le printemps
pointe son nez
Le ciel est presque bleu
Les nuages, petits moutons blancs,
Ont épuisé leurs larmes de pluie
Ils sont légers, légers…
Les bruits du matin s’installent.
La vie reprend, vibrante et fragile,
Indifférente aux absences, elle s’écoule.
Je la touche du bout de mes vieux doigts,
A d’autres de l’étreindre à
pleins bras.
L’air est clair, la journée sera chaude,
Il me faudra jeter les fleurs fanées,
Ouvrir grand les fenêtres,
Et accepter que rien n’ait changé.
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